Ronces, ce que l’on coupe ou la mauvaise herbe

Création 2026 en partenariat avec La Source Garouste Annonay (07).

Arbuste (rosacée) souvent épineux, très envahissant par marcottage naturel, et dont les baies composées noires sont les mûres sauvages.

Elle pousse sur des terrains en friches, des haies, des lisières boisées.

« Le nom vernaculaire « ronce » vient du latin rumex, rumicis qui signifie « dard » (allusion à la présence d’aiguillons, et non d’épines, sur les rameaux). Quant au nom scientifique Rubus fruticosus, l’étymologie Rubus est peut-être à rattacher au latin ruber, « rouge », pour la couleur des fruits (voire de leur jus) ou des feuilles à l’automne de certaines espèces. »  wikipédia.

Pour pensée de départ

J’ai grandi dehors. Au milieu de parcelle de vignes, de cerisiers, d’abricotiers, entre des rangées de haricots et plants de tomates. Les adultes autour de moi étaient occupés à tailler, sarcler, retourner, épouillonner, épamprer, éclaircir, ramasser, trier. Plus tard j’ai fait de même.

De là, a commencé le délice du désherbage. Quand entre mes doigts les racines cèdent à la terre. Cette satisfaction d’avoir devant les yeux un plant, un plan nettoyé de tout autre individu végétal que celui dont a besoin. Celui-ci, que l’on a planté, que l’on a choisi, aura pour lui seul le loisir de cette place, l’injonction de la croissance et de la production.

Plus tard, encore, quant à hauteur d’herbe ou de broussaille le sécateur en main, je coupe, me vient maintenant la question du pourquoi. Pourquoi elle, cette herbe obstinée ? celle qui ne pousse pas au bon endroit.

Pour justifier de mon geste prochain, j’entends cette petite voix qui me répond : « mais c’est pour retrouver les fraises dans quelques jours. C’est pour pouvoir passer avec la brouette. Et cette fleur de fin d’été n’a vraiment pas de style ! »

Qu’est-ce qu’une mauvaise herbe ? Quelle est ma légitimité pour décider de leur existence ou non dans mon jardin ?

Ici, le dossier et là, la note pédagogique.

Intention

Ronce, une performance chorégraphique et sculpture végétal. Pièce pour 3 joueuses dans un espace du dehors.

Investir un jardin, un parc, un sentier. Et de ce qui a été coupé pour faire place, pour faire propre, à partir de ces déchets végétaux issus de ces tailles, réaliser in situ des modules, des formes, des entités végétales.

Ces pièces en volumes seront alors des extensions corporelles pour les joueuses. Elles seront aussi des morceaux à ajouter les uns aux autres, pour compléter, transformer le paysage.

Quant aux joueuses, elles seront à l’écoute de ces objets inanimés, plus ou moins volumineux. Elles seront invitées à se mettre à disposition de leur volonté, à suivre leurs mouvements, pour réaliser leur envie d’agir dans cet espace.

« Sympoïèse » est un mot simple. Il signifie « construire-avec », « fabriquer-avec », « réaliser-avec ». Rien ne se fait jamais seul. Rien n’est absolument autopoïétique, rien ne s’organise tout seul. » Donna J.Haraway, Vivre avec le trouble, ed Les mondes à faire.

Principes

Empathie

Extension corporelle

Accumulation

Déplacement

Illusion – apparition disparition

Faiblement perceptibles, allusion d’optique. Trouble et confusion des protagonistes.

Créer des entités talus, broussailleuses

Qu’est-ce que le spectaculaire ?

Équipe artistique

Amandine Dorel, danseuse chorégraphe

Émilie Bonheure, artiste plasticienne et textile

Lison Renaudin, comédienne jardinière

Temps de froidure 2026.